Que faire après un échec en PASS ou LAS ? Tous vos recours
Échec en PASS/LAS ? Découvrez toutes les solutions : redoublement, passerelles, réorientation, études à l'étranger. Guide complet et bienveillant.
Vous venez de recevoir vos résultats et vous n'êtes pas admis·e en deuxième année de médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie ou kinésithérapie. La déception est là, légitime, parfois violente. Vous vous demandez si tout est perdu, si vous devez renoncer à vos rêves, ou si des portes restent ouvertes.
La réalité : entre 50 et 60 % des étudiants inscrits en PASS ou LAS ne passent pas en 2e année. Vous n'êtes ni seul·e, ni en situation d'échec personnel. Le système est conçu pour être sélectif, et cette sélection ne dit rien de votre intelligence, de votre légitimité à soigner, ou de votre avenir. Ce qui compte maintenant, c'est de comprendre vos options et de rebondir intelligemment.
Cet article explore toutes les solutions qui s'offrent à vous après un échec en PASS ou LAS : redoublement, réorientation, passerelles, études à l'étranger, filières paramédicales… et surtout, comment reconstruire un projet qui vous ressemble.
Comprendre les règles : combien de tentatives avez-vous ?
Avant de planifier la suite, il faut clarifier le cadre réglementaire. Depuis la réforme de 2020, les règles sont strictes mais offrent une marge de manœuvre.
Deux tentatives maximum
Vous avez droit à 2 tentatives pour accéder aux filières MMOPK (Médecine, Maïeutique, Odontologie, Pharmacie, Kinésithérapie). Ces deux chances peuvent être utilisées :
- En PASS puis en LAS
- En LAS puis en LAS (dans une autre licence)
- Jamais en PASS puis PASS (le redoublement en PASS est interdit)
Pas de redoublement en PASS
Si vous avez échoué en PASS, vous ne pouvez pas redoubler cette année. Vous devez obligatoirement vous réorienter. En revanche, vous conservez vos ECTS validés (généralement 60 crédits si vous avez validé l'année) qui seront pris en compte dans votre nouvelle formation.
Le cas de la LAS
Si vous étiez en LAS et que vous avez échoué :
- Vous pouvez poursuivre dans la même licence (L2, L3) et retenter les épreuves santé l'année suivante (si la fac le permet)
- Vous pouvez changer de LAS (autre discipline) pour une 2e tentative
- Vous pouvez aussi vous réorienter complètement
Important : certaines facultés limitent le nombre de tentatives en LAS au sein de la même licence. Renseignez-vous auprès de votre scolarité.
Option 1 : Retenter via une LAS (Licence Accès Santé)
C'est la voie royale pour ceux qui ont encore une tentative et veulent donner une seconde chance à leur rêve médical.
Basculer de PASS vers LAS
Si vous étiez en PASS, vous pouvez postuler à une LAS sur Parcoursup ou via les procédures internes de votre université. Les LAS les plus courantes :
- Biologie : cohérent si vous avez un profil scientifique solide
- Chimie : idéal pour ceux qui visent pharmacie ou recherche
- STAPS : pertinent pour kiné, mais attention à la charge physique
- Droit, éco-gestion, psychologie : pour ceux qui veulent diversifier vraiment
Le piège à éviter : choisir une LAS "par défaut" juste pour retenter santé. Si vous n'aimez pas la discipline majeure, vous allez souffrir toute l'année. Privilégiez une matière qui vous intéresse sincèrement.
Optimiser votre 2e tentative
Une deuxième tentative en LAS n'est pas une simple répétition. Vous devez :
- Analyser vos erreurs : était-ce la méthode de travail ? La gestion du stress ? Un manque de régularité ?
- Adapter votre stratégie : révisions actives, plannings réalistes, groupes de travail…
- Considérer un accompagnement : une prépa privée peut vous structurer, mais attention au coût. Comparez les options sur notre comparateur de prépas avant de vous engager.
Estimez vos nouvelles chances avec notre calculateur de probabilités, qui tient compte de vos résultats précédents et de votre profil.
Option 2 : Se réorienter vers une licence classique
Vous avez peut-être réalisé que médecine n'était plus votre priorité, ou vous voulez souffler avant de décider. Les licences classiques offrent une transition en douceur.
Quelles licences sont accessibles ?
Avec vos ECTS validés en PASS ou LAS, vous pouvez intégrer directement une L2 ou poursuivre en L1 dans presque toutes les disciplines :
- Sciences de la vie : biologie, biochimie, biotechnologies
- Santé publique : pour rester dans l'univers santé sans être soignant
- Psychologie : attention, filière très demandée, sélective en master
- STAPS : débouchés en éducation, rééducation, coaching sportif
- Droit, éco, gestion : si vous voulez changer radicalement de domaine
Les passerelles vers des masters santé
Certaines licences ouvrent vers des masters en santé publique, épidémiologie, recherche biomédicale, management hospitalier… Des voies moins connues mais valorisantes, avec des débouchés réels (OMS, agences sanitaires, industrie pharmaceutique, hôpitaux).
Option 3 : Les filières paramédicales et santé (hors MMOPK)
Vous voulez soigner, accompagner, mais médecine n'est plus une option ? Plusieurs métiers de santé sont accessibles sans passer par PASS/LAS.
Les formations les plus courantes
- IFSI (soins infirmiers) : 3 ans, recrutement sur Parcoursup, avec possibilité de spécialisation (IADE, IBODE, puéricultrice…)
- Ergothérapie : 3 ans, accès via concours ou Parcoursup selon les écoles
- Orthophonie : 5 ans, très sélectif, recrutement sur dossier et oral
- Psychomotricité : 3 ans, accès sur concours ou Parcoursup
- Ostéopathie : 5 ans, écoles privées, diplôme reconnu depuis 2015
- Diététique : BTS ou DUT en 2 ans
- Audioprothèse, podologie, orthoptie : formations en 3 ans, moins connues mais avec de vrais débouchés
Astuce : certaines de ces formations valorisent votre parcours PASS/LAS. Votre dossier montre motivation et capacité de travail.
Les passerelles internes
Certaines universités proposent des passerelles depuis la L2 ou L3 de sciences vers des écoles paramédicales (kiné, ergo…). Renseignez-vous auprès de votre UFR.
Option 4 : Faire médecine à l'étranger
C'est une solution de plus en plus populaire, mais qui demande réflexion et préparation.
Les destinations principales
- Belgique : tirage au sort pour les non-résidents, système francophone, coût modéré. Attention, le tirage est aléatoire et stressant.
- Roumanie : cursus en français ou anglais, frais d'inscription élevés (5 000 à 10 000 €/an), diplôme reconnu en UE.
- Espagne, Portugal : formations en espagnol/portugais, sélection sur dossier ou examen.
- Croatie, Italie : options moins courantes, renseignez-vous bien sur la reconnaissance des diplômes.
Les points de vigilance
- Coût total : entre 50 000 et 100 000 € sur 6 ans (frais de scolarité + logement)
- Retour en France : pour exercer en France, vous devez passer l'ECN (Épreuves Classantes Nationales) ou la procédure d'autorisation d'exercice. C'est très compétitif.
- Isolement : vivre à l'étranger jeune, loin de sa famille et de son réseau, ce n'est pas anodin.
Pour un guide détaillé, consultez notre article Médecine à l'étranger : Belgique, Roumanie, Espagne.
Option 5 : Prendre une année de césure ou travailler
Parfois, la meilleure décision est de prendre du recul.
Année de césure
Officiellement reconnue par les universités, elle vous permet de :
- Faire un service civique (santé, éducation, environnement…)
- Voyager, apprendre une langue
- Travailler pour financer vos études
- Réfléchir à votre projet sans pression
Vous restez inscrit·e à l'université et pouvez reprendre vos études l'année suivante.
Entrer dans la vie active
Avec un bac et une année de fac validée, vous pouvez :
- Intégrer des formations courtes (BTS, DUT, BUT) en alternance
- Travailler dans le secteur santé (assistant·e dentaire, secrétaire médical·e, aide-soignant·e…)
- Préparer des concours de la fonction publique
Ce n'est pas un échec, c'est une bifurcation. Beaucoup de professionnels de santé ont eu des parcours non linéaires.
L'aspect psychologique : normaliser l'échec et rebondir
On en parle peu, mais l'échec en PASS/LAS peut être psychologiquement dévastateur. Vous avez travaillé des mois, sacrifié vie sociale et sommeil, mis tous vos espoirs dans ce concours. Et là, rien.
Vous n'êtes pas votre échec
Échouer en PASS/LAS ne signifie pas :
- Que vous êtes "mauvais·e"
- Que vous ne méritez pas de soigner
- Que vous devez renoncer à toute ambition
Cela signifie simplement que, dans ce système précis, à ce moment précis, vous n'avez pas obtenu les résultats attendus. Le système est sélectif, arbitraire parfois, et ne reflète pas la diversité des talents.
Autorisez-vous à changer de cap
Beaucoup d'étudiants s'accrochent à médecine par peur de décevoir leurs parents, leur entourage, ou eux-mêmes. Mais demandez-vous sincèrement :
- Pourquoi vouliez-vous faire médecine ?
- Y a-t-il d'autres façons de réaliser cette aspiration ?
- Qu'est-ce qui vous donne de l'énergie, de la joie ?
Soigner peut passer par l'infirmerie, la kinésithérapie, l'ergothérapie, mais aussi par l'enseignement, l'accompagnement social, la recherche, l'innovation en santé publique…
Chercher du soutien
N'hésitez pas à :
- Parler à un psychologue (services universitaires gratuits)
- Échanger avec des pairs ayant vécu la même chose
- Prendre rendez-vous avec un conseiller d'orientation (CIO, Onisep)
Vous avez le droit de décompresser avant de repartir.
Récapitulatif : votre arbre de décision
Voici un schéma pour clarifier vos options selon votre situation :
Vous avez encore 1 tentative :
- → LAS dans une discipline qui vous plaît + prépa si budget et besoin d'encadrement
- → Licence classique + passerelle master santé
- → Filière paramédicale directement
Vous avez épuisé vos 2 tentatives :
- → Licence classique (sciences, santé publique, psycho…)
- → Filières paramédicales (IFSI, ergo, ostéo…)
- → Médecine à l'étranger (si budget et motivation)
- → Année de césure pour réfléchir
Vous ne savez pas quoi faire :
- → Faites notre quiz d'orientation pour explorer vos options
- → Téléchargez notre guide PASS/LAS 2026 pour comprendre le système
- → Prenez rendez-vous avec un conseiller d'orientation
Conclusion : l'échec n'est pas une fin, c'est une bifurcation
Échouer en PASS ou LAS, c'est dur. Ça fait mal. Ça remet en question des mois de travail et des années de projection. Mais ce n'est pas une impasse.
Des milliers d'étudiants avant vous ont rebondi vers des carrières épanouissantes, dans la santé ou ailleurs. Certains ont retentés et réussi. D'autres ont changé de voie et ne regrettent rien. Il n'y a pas un seul bon chemin, il y a le vôtre.
Prenez le temps d'analyser ce qui s'est passé, d'explorer vos options, de parler à des professionnels et à des pairs. Utilisez les outils à votre disposition : comparateur de prépas, calculateur de chances, guides gratuits. Et surtout, rappelez-vous que votre valeur ne se mesure pas à un classement.
Si vous souhaitez retenter, comparez les prépas et les stratégies sur notre comparateur. Si vous préférez explorer d'autres voies, consultez nos articles sur les filières paramédicales ou les études à l'étranger.
Vous avez le droit de réussir autrement.
Questions fréquentes
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