Les spécialités dentaires en France : chirurgie orale, orthodontie...
Découvrez les 3 spécialités dentaires en France : orthodontie, médecine bucco-dentaire et chirurgie orale. Formation, missions, salaires et débouchés.
Vous hésitez entre médecine et dentaire sur Parcoursup ? Vous êtes en études d'odontologie et vous vous interrogez sur les possibilités de spécialisation ? Contrairement à la médecine qui compte plus de 40 spécialités, l'odontologie n'en reconnaît officiellement que trois en France. Mais attention : cela ne signifie pas moins de débouchés, bien au contraire.
L'internat d'odontologie, facultatif mais sélectif, ouvre la voie vers l'orthodontie, la médecine bucco-dentaire ou la chirurgie orale. Parallèlement, la grande majorité des diplômés exercent comme chirurgiens-dentistes omnipraticiens, avec la possibilité de développer des compétences pointues en implantologie, parodontologie ou dentisterie esthétique via des formations complémentaires.
Dans cet article, nous passons en revue les trois spécialités officielles, les missions au quotidien, les modes d'exercice, la durée de formation et les perspectives salariales. De quoi vous aider à construire votre projet professionnel, que vous visiez le cycle court ou l'internat.
Chirurgien-dentiste omnipraticien : le socle de la profession
Formation et diplôme
Le parcours classique pour devenir chirurgien-dentiste dure 6 ans après le bac :
- 1 an : PASS (parcours d'accès spécifique santé) ou L.AS (licence avec option accès santé)
- 2 ans (2e et 3e année) : 1er cycle — DFGSO (diplôme de formation générale en sciences odontologiques, niveau licence)
- 2 ans (4e et 5e année) : 2e cycle — DFASO (diplôme de formation approfondie en sciences odontologiques, niveau master)
- 1 an (6e année) : 3e cycle court, avec soutenance de thèse
À l'issue, vous obtenez le diplôme d'État de docteur en chirurgie dentaire, obligatoire pour exercer. Plus de 90 % des étudiants choisissent ce parcours.
Missions et actes au quotidien
Le chirurgien-dentiste omnipraticien prend en charge la santé bucco-dentaire de ses patients dans sa globalité :
- Diagnostics : examens cliniques, radiographies, détection de caries, maladies parodontales, lésions buccales
- Soins conservateurs : traitement des caries, dévitalisation, détartrage, scellement de sillons
- Prothèses : prise d'empreintes, pose de couronnes, bridges, appareils amovibles
- Chirurgie simple : extractions dentaires, petites interventions sous anesthésie locale
- Prévention : conseils d'hygiène, éducation alimentaire, suivi des enfants
Certains omnipraticiens développent des compétences spécifiques en suivant des formations continues (DU, DIU) : implantologie, parodontologie, dentisterie esthétique, sédation consciente... Attention toutefois : ces formations ne donnent pas droit au titre de « spécialiste », réservé aux titulaires d'un DES.
Modes d'exercice
- Libéral en cabinet privé : 75 % des praticiens, souvent en association ou en cabinet de groupe pour mutualiser les investissements
- Salarié : centres de santé mutualistes, dispensaires, hôpitaux (moins fréquent)
- Mixte : libéral + vacation hospitalière ou universitaire
- Fonction publique hospitalière : praticien hospitalier (PH), enseignant-chercheur
Revenus et perspectives
- Débutant en libéral : 4 000 à 6 000 € brut/mois (très variable selon la patientèle et le mode d'exercice : collaborateur, remplaçant, installé)
- Confirmé en libéral : 6 000 à 10 000 € brut/mois en moyenne
- Praticien hospitalier : à partir de 4 634 € brut/mois (grille indiciaire)
Point important : l'installation en libéral nécessite un investissement conséquent (100 000 à 300 000 € pour un cabinet équipé), d'où l'intérêt de débuter comme collaborateur ou de s'associer.
Les 3 spécialités officielles : l'internat d'odontologie
Depuis 2011, l'internat d'odontologie est accessible après la 5e année, sur concours national. Il est facultatif et propose un nombre limité de places (environ 100 à 150 par an). Les candidats sont classés selon leurs résultats aux épreuves écrites et orales, puis choisissent leur spécialité et leur ville de formation selon leur rang.
Les trois spécialités reconnues sont :
1. Orthodontie (Orthopédie Dento-Faciale — ODF)
Durée de formation : 3 ans après la 5e année (soit 9 ans après le bac)
Missions principales
L'orthodontiste corrige les malpositions dentaires et les anomalies de croissance des mâchoires pour améliorer l'esthétique, la fonction masticatoire et l'hygiène bucco-dentaire.
Actes réalisés au quotidien :
- Diagnostic orthodontique (radios, moulages, analyse céphalométrique)
- Pose d'appareils fixes (bagues métalliques, céramiques, linguales) ou amovibles
- Suivi régulier des patients (réglages, activation des arcs, changement d'élastiques)
- Traitement par aligneurs transparents (type Invisalign)
- Contention post-traitement
Public : 90 % des patients ont entre 8 et 16 ans, mais les adultes représentent une part croissante de la patientèle (appareil discret, aligneurs).
Mode d'exercice :
- Libéral : 90 % des orthodontistes (cabinet privé, souvent en ville)
- Hospitalier : rare, principalement en CHU pour les cas complexes (fentes labio-palatines, syndromes)
Revenus :
- Débutant : 6 000 à 8 000 € brut/mois
- Confirmé : 10 000 à 15 000 € brut/mois (forte variation selon la zone géographique et la patientèle)
Points forts : forte demande, revenus élevés, travail sur le long terme avec les patients, exercice peu urgent
Points faibles : investissement élevé, horaires étendus (soirs, mercredis, samedis), pression de la patientèle jeune
2. Médecine Bucco-Dentaire (MBD)
Durée de formation : 3 ans après la 5e année (soit 9 ans après le bac)
Missions principales
Cette spécialité, créée en 2011, vise à prendre en charge les patients présentant des pathologies complexes ou des situations de handicap nécessitant une approche globale.
Actes réalisés au quotidien :
- Soins dentaires chez les patients à risque médical (cardiaques, diabétiques, sous anticoagulants)
- Prise en charge de patients en situation de handicap (autisme, trisomie 21, polyhandicap)
- Pose de prothèses complexes (édentation totale, réhabilitation complète)
- Gestion des pathologies buccales liées au vieillissement
- Collaboration avec les équipes médicales (cancérologie, gériatrie...)
Public : personnes âgées, patients en EHPAD, personnes en situation de handicap, patients hospitalisés
Mode d'exercice :
- Hospitalier : CHU, centres de soins spécialisés, EHPAD
- Libéral : moins fréquent, souvent en complément d'une activité hospitalière
- Mixte : combinaison hôpital + cabinet
Revenus :
- Praticien hospitalier : 4 634 à 7 000 € brut/mois selon l'ancienneté
- Libéral mixte : 5 000 à 9 000 € brut/mois
Points forts : sens du service public, diversité des situations cliniques, collaboration pluridisciplinaire
Points faibles : rémunération moindre qu'en libéral pur, nécessité d'adaptation et de patience
3. Chirurgie Orale
Durée de formation : 4 ans après la 5e année (soit 10 ans après le bac)
Particularité : internat commun avec les médecins (double cursus odontologie + médecine possible)
Missions principales
Le chirurgien oral prend en charge les pathologies chirurgicales de la bouche, des dents, des maxillaires et des tissus attenants.
Actes réalisés au quotidien :
- Extractions chirurgicales complexes (dents de sagesse incluses, dents enclavées)
- Pose d'implants dentaires
- Chirurgie pré-prothétique (greffes osseuses, comblement de sinus)
- Traitement des kystes et tumeurs bénignes des mâchoires
- Dépistage et traitement des cancers de la cavité buccale
- Prise en charge des traumatismes maxillo-faciaux
Public : tout âge, orientations par dentistes ou médecins
Mode d'exercice :
- Hospitalier : services de chirurgie maxillo-faciale, stomatologie
- Libéral : cabinet spécialisé (souvent implantologie)
- Mixte : fréquent (cabinet + vacations hospitalières)
Revenus :
- Praticien hospitalier : 5 000 à 8 000 € brut/mois
- Libéral : 8 000 à 12 000 € brut/mois (forte variabilité selon l'activité d'implantologie)
Points forts : technicité, diversité des actes, reconnaissance médicale, débouchés variés
Points faibles : formation longue (10 ans), gardes hospitalières, investissement matériel élevé
Tableau comparatif des spécialités dentaires
| Critère | Omnipraticien | Orthodontie | Médecine Bucco-Dentaire | Chirurgie Orale |
|---|---|---|---|---|
| Durée d'études | 6 ans | 9 ans | 9 ans | 10 ans |
| Accès | Cycle court | Internat sur concours | Internat sur concours | Internat sur concours |
| Nombre de places/an | ~1 200 (numerus apertus) | ~40-50 | ~20-30 | ~30-40 |
| Mode d'exercice principal | Libéral (75 %) | Libéral (90 %) | Hospitalier (60 %) | Mixte (50 %) |
| Revenus débutant | 4 000-6 000 €/mois | 6 000-8 000 €/mois | 4 600-5 500 €/mois | 5 000-7 000 €/mois |
| Revenus confirmé | 6 000-10 000 €/mois | 10 000-15 000 €/mois | 5 500-9 000 €/mois | 8 000-12 000 €/mois |
| Public | Tout âge | 70-90 % enfants/ados | Patients fragiles | Tout âge |
| Actes types | Soins, prothèses | Pose d'appareils | Soins complexes | Chirurgie, implants |
Et l'implantologie, alors ?
L'implantologie n'est pas une spécialité officielle en France. Un chirurgien-dentiste omnipraticien peut se former à la pose d'implants via :
- Des DU (diplômes universitaires) proposés par les facultés
- Des formations privées (universités, centres de formation, industriels)
- Des congrès et ateliers pratiques
Attention : seul un chirurgien oral titulaire du DES peut légalement utiliser le titre de « spécialiste en chirurgie orale ». Les omnipraticiens formés en implantologie peuvent poser des implants, mais sans revendiquer le titre de spécialiste.
Comment choisir entre cycle court et internat ?
Choisir le cycle court (6 ans) si...
- Vous souhaitez exercer rapidement et en autonomie
- Vous préférez le libéral et la gestion de votre patientèle
- Vous voulez limiter la durée des études
- Vous envisagez de vous former progressivement (DU, formations continues)
Viser l'internat si...
- Vous êtes passionné par une spécialité précise (orthodontie, chirurgie orale...)
- Vous avez un excellent niveau académique (le concours est sélectif)
- Vous envisagez une carrière hospitalo-universitaire (enseignement, recherche)
- Vous recherchez une expertise reconnue et un exercice pointu
À savoir : l'internat n'est pas obligatoire pour réussir dans la profession. De nombreux omnipraticiens ont des revenus équivalents voire supérieurs à certains spécialistes, grâce à une patientèle fidèle et une bonne gestion de leur cabinet.
Conclusion : des parcours variés, des débouchés assurés
Les études d'odontologie offrent une palette de débouchés plus large qu'il n'y paraît. Si les trois spécialités officielles (orthodontie, médecine bucco-dentaire, chirurgie orale) attirent les meilleurs étudiants à l'internat, la grande majorité des diplômés exercent avec succès comme omnipraticiens, en développant des compétences spécifiques au fil de leur carrière.
Que vous visiez le cycle court ou l'internat, la clé réside dans la construction d'un projet professionnel cohérent dès la PASS ou la LAS. Les études dentaires demandent rigueur, habileté manuelle et sens du contact — mais offrent en retour une insertion professionnelle rapide, une grande autonomie et des revenus confortables.
Vous hésitez encore entre médecine et dentaire ? Utilisez notre calculateur de chances pour estimer vos probabilités d'admission en PASS ou LAS, ou consultez notre guide complet PASS/LAS 2026 pour faire le bon choix sur Parcoursup.
Questions fréquentes
Guide gratuit
PASS ou L.AS : le guide complet 2026
10 chapitres pour tout comprendre — filières, Parcoursup, prépas, stratégie. À lire avant de faire vos vœux.
Articles dans la même catégorie
Que faire après un échec en PASS ou LAS ? Tous vos recours
14 min de lecture
PASS / LASLes 44 spécialités médicales en France : missions et débouchés
12 min de lecture
PASS / LASDébouchés en médecine : salaires, spécialités et qualité de vie
12 min de lecture
PASS / LASPASS ou L.AS : comment choisir la bonne voie vers médecine ?
10 min de lecture