Spécialités médicales

Chirurgie vasculaire : devenir chirurgien vasculaire en France

Parcours complet pour devenir chirurgien vasculaire : formation, internat, débouchés. Tout savoir sur cette spécialité chirurgicale de niche.

⏱ min de lecture·20 juin 2026

Introduction

La chirurgie vasculaire est la spécialité chirurgicale dédiée au diagnostic et au traitement des pathologies des vaisseaux sanguins — artères, veines, et dans certains cas, vaisseaux lymphatiques. Loin du cliché du chirurgien cardiaque médiatisé, le chirurgien vasculaire intervient sur l'ensemble du réseau vasculaire périphérique : de l'aorte abdominale aux artères des membres inférieurs, en passant par les carotides ou les veines variqueuses complexes.

Si tu envisages une carrière médicale via PASS ou LAS et que tu es attiré·e par la chirurgie technique, la gestion de l'urgence et une spécialité de niche en tension modérée, cet article te donne toutes les clés pour comprendre le parcours, les débouchés et les réalités du métier. Car devenir chirurgien vasculaire, c'est choisir une discipline exigeante, à l'interface entre chirurgie classique, radiologie interventionnelle et médecine vasculaire.

Voici ce que tu dois savoir avant de te projeter dans cette voie.

Qu'est-ce que la chirurgie vasculaire ?

Définition et champ d'action

La chirurgie vasculaire prend en charge toutes les pathologies chirurgicales des vaisseaux sanguins, à l'exception du cœur et des vaisseaux intracrâniens (qui relèvent respectivement de la chirurgie cardiaque et de la neurochirurgie).

Les pathologies traitées incluent :

  • Anévrismes de l'aorte (dilatation pathologique de l'artère principale, risque de rupture)
  • Artériopathies oblitérantes des membres inférieurs (AOMI), souvent liées au tabac ou au diabète
  • Sténoses carotidiennes (rétrécissement des artères du cou, facteur de risque d'AVC)
  • Ischémie aiguë de membre (urgence vasculaire, risque d'amputation)
  • Varices complexes et insuffisance veineuse chronique (au-delà du simple traitement esthétique)
  • Accès vasculaires pour dialyse (fistules artério-veineuses)
  • Traumatismes vasculaires (plaies artérielles, écrasements)

Le chirurgien vasculaire intervient au bloc opératoire, soit par chirurgie ouverte classique (incision, pontage, endartériectomie), soit par techniques endovasculaires (pose de stents, angioplastie, traitement des anévrismes par endoprothèse).

Différence avec la médecine vasculaire

C'est une confusion fréquente chez les lycéens : la médecine vasculaire est une spécialité médicale, pas chirurgicale. Le médecin vasculaire diagnostique, surveille et traite les pathologies veineuses et artérielles par des moyens non-invasifs (médicaments, échographie-Doppler, contention, éducation thérapeutique).

Le chirurgien vasculaire, lui, opère — souvent en urgence — et collabore étroitement avec les médecins vasculaires pour décider de l'indication opératoire. Les deux métiers se complètent, mais la formation et les missions sont radicalement différentes.

Le parcours pour devenir chirurgien vasculaire

De PASS/LAS à l'externat

Tout commence par PASS (Parcours Accès Spécifique Santé) ou LAS (Licence Accès Santé), les deux voies d'accès aux études de médecine depuis la réforme 2020. Quel que soit ton choix, tu devras valider ta première année pour accéder à la DFGSM2 (deuxième année du premier cycle).

Ensuite, tu suis le cursus classique :

  • DFGSM2 et DFGSM3 (2e et 3e année de médecine) : enseignements théoriques et premiers stages hospitaliers
  • DFASM1, DFASM2, DFASM3 (4e, 5e, 6e année) : externat, avec immersion progressive à l'hôpital, gardes, et préparation intensive aux ECNi

À l'issue de la 6e année, tu passes les EDN (Épreuves Dématérialisées Nationales), anciennement appelées ECNi, qui déterminent ton classement national et ta capacité à choisir ta spécialité et ta ville d'internat.

L'internat de chirurgie vasculaire (DES)

Si ton classement te le permet, tu choisis le DES (Diplôme d'Études Spécialisées) de chirurgie vasculaire, d'une durée de 5 ans.

La maquette de l'internat comprend :

  • Stages hospitaliers obligatoires : chirurgie vasculaire (3 ans minimum), réanimation, urgences, médecine vasculaire, radiologie interventionnelle
  • Formation théorique : DESC (Diplôme d'Études Spécialisées Complémentaires) optionnels (chirurgie endovasculaire, transplantation rénale)
  • Gardes et astreintes : gestion des urgences vasculaires (ischémie aiguë, rupture d'anévrisme)
  • Thèse de médecine à soutenir avant la fin de l'internat

À l'issue des 5 ans, tu obtiens le titre de docteur en médecine, spécialiste qualifié en chirurgie vasculaire. Certains poursuivent ensuite une année supplémentaire dans un centre de référence pour se surspécialiser (chirurgie aortique complexe, endovasculaire avancée, transplantation rénale).

Nombre de postes et tension

Chaque année, environ 50 postes sont ouverts en chirurgie vasculaire aux ECNi. C'est une spécialité de niche, avec une tension moyenne : il y a généralement plus de places que de candidats très motivés, mais la sélectivité reste importante car c'est une discipline chirurgicale exigeante.

Pour te donner un ordre d'idée, il faut souvent viser un classement dans les 3 000-4 500 premiers aux ECNi pour avoir un bon choix de ville en chirurgie vasculaire. Les CHU parisiens ou lyonnais demandent un meilleur rang, les villes moyennes sont plus accessibles.

Missions et quotidien du chirurgien vasculaire

Au bloc opératoire

Le chirurgien vasculaire passe une grande partie de son temps au bloc, avec des interventions variées :

  • Pontages artériels (fémoro-poplités, aorto-bifémoral) pour court-circuiter une artère bouchée
  • Endartériectomie carotidienne pour prévenir les AVC
  • Pose d'endoprothèse aortique pour traiter les anévrismes sans ouvrir le ventre
  • Création de fistules artério-veineuses pour les patients dialysés
  • Chirurgie veineuse : stripping de varices, crossectomies

Les interventions peuvent être programmées ou en urgence (ischémie aiguë de jambe suite à un caillot, rupture d'anévrisme, traumatisme vasculaire). La gestion du stress et la capacité à prendre des décisions rapides sont essentielles.

En consultation et en staff

Entre deux blocs, le chirurgien vasculaire consulte en cabinet ou à l'hôpital : examens pré-opératoires, suivi post-opératoire, éducation thérapeutique (arrêt du tabac, contrôle du diabète…).

Il participe aussi à des staffs pluridisciplinaires avec médecins vasculaires, radiologues interventionnels, diabétologues, néphrologues… pour décider de la meilleure stratégie thérapeutique. C'est un travail d'équipe permanent.

Où exerce-t-on ?

  • CHU et centres hospitaliers : la majorité des chirurgiens vasculaires exercent en structure publique, avec accès à un plateau technique complet (imagerie peropératoire, réanimation)
  • Cliniques privées : souvent en activité libérale ou mixte, pour la chirurgie programmée (varices, anévrismes non-rompus)
  • Exercice mixte : de plus en plus fréquent, avec des consultations en cabinet et des interventions à l'hôpital

L'activité nécessite un équipement lourd (bloc avec imagerie, matériel d'endovasculaire), donc peu de chirurgiens vasculaires exercent seuls en cabinet — contrairement à d'autres spécialités chirurgicales ambulatoires.

Débouchés et perspectives

Tension sur le marché de l'emploi

La chirurgie vasculaire connaît une tension modérée : les postes hospitaliers ne sont pas toujours saturés, notamment en CHU de villes moyennes ou en périphérie. Cependant, les postes dans les grandes métropoles (Paris, Lyon, Marseille) restent compétitifs.

En libéral ou en clinique, les débouchés sont bons, surtout dans les régions où l'offre médicale est faible. Mais attention : exercer en libéral en chirurgie vasculaire nécessite un partenariat avec une structure hospitalière (bloc, matériel, réanimation).

Évolutions de la spécialité

La chirurgie vasculaire évolue rapidement vers l'endovasculaire : de plus en plus d'interventions se font par voie percutanée (cathéter introduit par l'artère fémorale), avec moins de cicatrices et de complications. Les chirurgiens vasculaires doivent donc maîtriser à la fois la chirurgie classique et les techniques d'imagerie interventionnelle.

Cette hybridation rapproche la spécialité de la radiologie interventionnelle, avec laquelle elle entre parfois en concurrence (notamment pour les traitements endovasculaires simples).

Salaire et rémunération

En début de carrière, un praticien hospitalier en chirurgie vasculaire gagne environ 4 000 à 5 500 € net par mois, avec des gardes et astreintes qui augmentent ce montant.

En exercice libéral ou mixte, les revenus peuvent dépasser 8 000 à 12 000 € net mensuels, selon le volume d'activité et la structure d'exercice. C'est une spécialité technique bien rémunérée, mais moins que certaines chirurgies de confort (esthétique, ophtalmologie).

Qualités et profil requis

Devenir chirurgien vasculaire ne s'improvise pas. Voici les qualités clés :

  • Dextérité technique fine : les vaisseaux sont fragiles, de petit calibre (parfois 2-3 mm), et nécessitent des sutures précises au fil 6/0 ou 7/0
  • Gestion de l'urgence : les urgences vasculaires sont fréquentes et engagent le pronostic vital (rupture d'anévrisme) ou fonctionnel (amputation)
  • Rigueur et anticipation : une erreur technique peut avoir des conséquences graves (thrombose, hémorragie)
  • Capacité à collaborer : travail en équipe rapprochée avec médecins vasculaires, radiologues, anesthésistes, infirmiers de bloc
  • Résistance physique : les blocs peuvent être longs (4-6h pour une chirurgie aortique complexe), les gardes fréquentes

Si tu te projettes dans ce métier, commence dès le lycée à te renseigner sur les spécialités scientifiques (physique, SVT, maths) qui te donneront des bases solides pour PASS/LAS. Et n'hésite pas à faire notre quiz d'orientation pour mieux cerner ton profil.

✦ La figure qui a tout changé

🏛️

Alexis Carrel

1873 – 1944 · Français

Alexis Carrel, chirurgien français pionnier de la chirurgie vasculaire, a reçu le prix Nobel de médecine en 1912 pour ses travaux révolutionnaires sur les sutures vasculaires et les greffes d'organes. Ses techniques de triangulation pour suturer les artères et les veines ont jeté les bases de toute la chirurgie moderne de transplantation et de réparation vasculaire. Aujourd'hui encore, la « technique de Carrel » est enseignée dans tous les blocs opératoires du monde.

Conclusion : une spécialité technique et humaine

La chirurgie vasculaire est une spécialité exigeante, à l'interface entre chirurgie d'urgence, techniques endovasculaires de pointe et suivi médical au long cours. Elle offre une diversité d'interventions (des pontages aortiques aux fistules de dialyse), une tension modérée sur le marché de l'emploi, et une vraie satisfaction professionnelle pour celles et ceux qui aiment la technique fine et la prise de décision rapide.

Si tu es en Terminale et que tu hésites entre PASS et LAS, sache que les deux voies permettent d'accéder à cette spécialité — l'essentiel sera ton classement aux ECNi. Pour t'y préparer au mieux, télécharge notre guide PASS/LAS 2026 et utilise notre calculateur de chances pour estimer tes probabilités d'admission.

Et si la chirurgie vasculaire t'intéresse mais que tu veux comparer avec d'autres spécialités chirurgicales (digestive, orthopédique, thoracique…), consulte notre guide complet des spécialités médicales pour faire le meilleur choix.


Les figures qui ont tout changé

William Harvey (1578-1657) a démontré en 1628 que le sang circule en circuit fermé dans les vaisseaux — la découverte fondatrice de toute la chirurgie vasculaire. Christiaan Barnard (1922-2001) a ouvert en 1967 l'ère des transplantations vasculaires avec la première greffe du cœur.

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