Spécialités médicales

Chirurgie urologique : devenir urologue en France

Tout savoir sur la spécialité chirurgie urologique : missions, formation, internat, débouchés et parcours depuis PASS/LAS pour devenir urologue.

⏱ 9 min de lecture·20 juin 2026 🔄 Mis à jour le 29 août 2026

Qu'est-ce que la chirurgie urologique ?

La chirurgie urologique, ou urologie, est une spécialité médico-chirurgicale qui prend en charge les pathologies de l'appareil urinaire (reins, uretères, vessie, urètre) chez l'homme et la femme, ainsi que l'appareil génital masculin (prostate, testicules, pénis). Contrairement à une idée reçue, l'urologie ne se limite pas à la chirurgie : elle combine consultations médicales, diagnostics, traitements médicamenteux et interventions chirurgicales, souvent mini-invasives ou robotisées.

L'urologue intervient sur une très large palette de pathologies : cancers urologiques (prostate, rein, vessie), calculs urinaires, infections, troubles de la continence, dysfonctions érectiles, infertilité masculine, malformations congénitales chez l'enfant, ou encore transplantation rénale. Cette polyvalence fait de l'urologie l'une des spécialités chirurgicales les plus complètes et les plus innovantes.

Devenir urologue exige un parcours exigeant — découvre notre guide complet sur les études de médecine (/guide) et teste tes chances avec notre calculateur (/calculateur) — environ 12 ans d'études après le bac — mais offre en retour une grande diversité d'exercice, des débouchés solides et un équilibre possible entre vie hospitalière et activité libérale.

🩺 Fiche spécialité — Urologie

🎓
Durée totale après le bac
12 ans
📚
Internat (DES)
6 ans
🎯
Sélectivité aux EDN
Moyennement sélective — env. 70 postes/an
🏥
Structures d'exercice
CHU, cliniques privées, cabinet libéral

Les grandes missions de l'urologue

Au bloc opératoire : de la chirurgie lourde à la robotique

L'urologue passe une partie importante de son temps au bloc opératoire. Il réalise des interventions variées : ablation de tumeurs rénales ou vésicales, prostatectomies pour cancer de la prostate, néphrectomies (ablation du rein), cures d'incontinence urinaire chez la femme, traitement de calculs par lithotripsie laser, ou encore chirurgie reconstructrice des voies urinaires.

Aujourd'hui, l'urologie est pionnière en chirurgie robotique : le système Da Vinci permet des gestes ultra-précis sur la prostate ou le rein, avec moins de douleurs et une récupération plus rapide pour le patient. La cœlioscopie (chirurgie par petites incisions) et les techniques endoscopiques (par les voies naturelles) sont également au cœur de la pratique moderne.

En consultation : diagnostic, prévention et suivi

En cabinet ou à l'hôpital, l'urologue reçoit en consultation pour des motifs très divers : dépistage du cancer de la prostate (toucher rectal, PSA), bilan d'hématurie (sang dans les urines), troubles urinaires du vieillissement (hypertrophie bénigne de la prostate), infections urinaires récidivantes, problèmes d'érection, bilan d'infertilité masculine, ou encore suivi post-opératoire.

Cette dimension clinique exige une écoute attentive, de la pédagogie (beaucoup de patients sont anxieux) et une capacité à expliquer des choix thérapeutiques complexes, notamment en oncologie.

Urologie pédiatrique et transplantation

Certains urologues se spécialisent en urologie pédiatrique pour traiter les malformations congénitales (reflux vésico-urétéral, hypospadias, cryptorchidie). D'autres s'orientent vers la transplantation rénale, activité souvent exercée en CHU et en lien étroit avec les néphrologues.

Les grands domaines de l'urologie

L'urologie se décompose en plusieurs sous-spécialités, permettant à chaque praticien de trouver son domaine de prédilection.

Cancérologie urologique

C'est le domaine le plus fréquent : cancer de la prostate (1er cancer chez l'homme), cancer de la vessie, cancer du rein, cancer du testicule. L'urologue coordonne le diagnostic (biopsies, imagerie), la chirurgie (ablation de la tumeur) et souvent le suivi en lien avec les oncologues pour les traitements complémentaires (radiothérapie, chimiothérapie).

Le cancer de la prostate, par exemple, représente à lui seul une part importante de l'activité : dépistage, biopsies guidées par IRM, chirurgie robotique, surveillance active pour les formes peu agressives.

Andrologie et médecine sexuelle masculine

L'andrologie regroupe les pathologies de la fonction reproductive et sexuelle masculine : infertilité (oligospermie, azoospermie), troubles de l'érection, maladie de Lapeyronie (courbure de la verge), hypogonadisme, pose de prothèses péniennes. C'est un domaine en plein essor, avec une demande croissante pour la prise en charge de la dysfonction érectile et de l'infertilité.

Urologie fonctionnelle et troubles de la continence

L'urologie fonctionnelle s'intéresse aux troubles de la miction et de la continence : incontinence urinaire chez la femme (après grossesses ou à la ménopause), hyperactivité vésicale, rétention urinaire, troubles neurologiques de la vessie (chez les patients paraplégiques, par exemple). Les traitements vont de la rééducation périnéale aux bandelettes sous-urétrales, en passant par les injections de toxine botulique dans la vessie.

Lithiase urinaire (calculs)

La prise en charge des calculs rénaux et urétéraux est fréquente. L'urologue utilise la lithotripsie extracorporelle (ondes de choc pour fragmenter le calcul), l'urétéroscopie laser ou la chirurgie percutanée pour les gros calculs. L'urologue assure aussi le suivi préventif (conseils diététiques, analyse des calculs). Pour les cas plus complexes, il peut recourir à la néphrolithotomie percutanée pour les calculs volumineux. C'est un domaine technique, souvent réalisé en ambulatoire.

Formation et internat : le DES de chirurgie urologique

De PASS/LAS aux EDN

Le parcours commence par la première année de santé : PASS (Parcours d'Accès Spécifique Santé) ou LAS (Licence avec option Accès Santé). Après validation, l'étudiant entre en 2e année de médecine (externat), puis poursuit jusqu'à la 6e année et les Épreuves Classantes Nationales (EDN).

La chirurgie urologique est une spécialité moyennement sélective : environ 70 postes sont ouverts chaque année en France. Selon les années et les facultés, un rang compris entre 1 500 et 5 000 permet d'y accéder. Ce n'est ni la spécialité la plus compétitive (comme la dermatologie ou l'ophtalmologie), ni la moins demandée — un bon équilibre pour les étudiants motivés par la chirurgie.

Si tu vises l'urologie, il est conseillé de bien préparer les EDN (révisions assidues, stages pertinents) et de te renseigner sur les villes qui proposent cette spécialité. Utilise notre calculateur de chances pour estimer ta position selon tes résultats.

Les 6 ans d'internat

L'internat de chirurgie urologique dure 6 ans (phase III du 3e cycle). Il comprend :

  • Des stages hospitaliers en urologie dans différents CHU ou cliniques, mais aussi en chirurgie générale, en néphrologie, en oncologie, en réanimation.
  • Une formation théorique organisée par le Collège Français des Urologues : cours nationaux, DESC (Diplôme d'Études Spécialisées Complémentaires), séminaires de l'Association Française d'Urologie (AFU).
  • Une thèse de médecine à soutenir pour obtenir le titre de Docteur en Médecine.
  • Une formation pratique au bloc opératoire : l'interne apprend progressivement les gestes chirurgicaux, de l'assistance à l'autonomisation complète sur certaines interventions.

À la fin de l'internat, le jeune urologue obtient son DES de chirurgie urologique et peut exercer en tant que praticien.

Certains choisissent de poursuivre par un post-internat (ou fellowship) d'un à deux ans pour se surspécialiser (chirurgie robotique, transplantation, oncologie uro-génitale, andrologie...), souvent à l'étranger ou dans un centre de référence.

Structures d'exercice et débouchés

L'urologie offre une grande flexibilité dans le choix du mode d'exercice.

CHU et hôpitaux publics

Les urologues hospitaliers exercent dans les services de chirurgie urologique des CHU ou centres hospitaliers. Ils assurent consultations, bloc opératoire, gardes, enseignement (pour les CHU universitaires) et recherche clinique. Le salaire débute autour de 4 500 € nets/mois pour un praticien hospitalier débutant, et évolue avec l'ancienneté, les gardes et les primes.

Cliniques privées

De nombreux urologues travaillent en clinique privée, où ils réalisent des interventions programmées (cancers, chirurgie fonctionnelle, laser prostatique, etc.) et assurent des consultations. L'activité libérale en clinique est souvent plus rémunératrice, mais implique une gestion plus autonome et parfois des astreintes.

Cabinet libéral et exercice mixte

Beaucoup d'urologues choisissent un exercice mixte : activité salariée à l'hôpital pour la chirurgie lourde et les gardes, et cabinet libéral pour les consultations et petites interventions. Ce modèle permet de cumuler les avantages : revenus libéraux (entre 8 000 et 15 000 € nets/mois selon l'activité et la région), sécurité hospitalière, et diversité des pratiques.

Le cabinet libéral permet également un meilleur équilibre vie professionnelle / vie personnelle, avec des horaires plus maîtrisables.

Débouchés et tension démographique

Les débouchés en urologie sont favorables. Le vieillissement de la population entraîne une hausse des pathologies urologiques (cancers de la prostate, troubles urinaires liés à l'âge, incontinence). Les départs en retraite d'urologues formés dans les années 1980-1990 créent des opportunités, notamment en ville et dans certaines régions sous-dotées.

Selon les dernières données disponibles, la France compte environ 1 100 urologues en activité, pour une population de 67 millions d'habitants — soit un ratio inférieur à la moyenne européenne. Les jeunes diplômés trouvent donc assez facilement un poste ou une patientèle.

Qualités requises pour devenir urologue

L'urologie exige des compétences et des qualités variées :

  • Dextérité technique et précision : la chirurgie urologique mobilise des gestes minutieux (sutures fines, dissection de structures nerveuses autour de la prostate, manipulation du robot chirurgical).
  • Polyvalence médico-chirurgicale : l'urologue doit maîtriser autant la clinique (diagnostic, traitements médicaux) que le bloc opératoire (chirurgie ouverte, cœlioscopie, endoscopie, robotique).
  • Résistance au stress et capacité de décision : certaines situations sont urgentes (traumatismes rénaux, rétentions aiguës d'urine, hémorragies post-opératoires).
  • Empathie et pédagogie : beaucoup de patients sont anxieux (cancer, troubles sexuels, incontinence) et ont besoin d'être rassurés et accompagnés.
  • Appétence pour l'innovation : l'urologie évolue vite (robotique, laser, imagerie haute résolution, biomarqueurs en cancérologie). Il faut aimer se former en continu.
  • Équilibre entre vie professionnelle et personnelle : selon le mode d'exercice choisi, l'urologie peut permettre un bon équilibre, notamment en libéral ou en mixte.

Lien avec PASS/LAS et préparation aux EDN

Si tu envisages l'urologie dès le lycée ou la terminale, voici quelques repères :

  • Dès Parcoursup, choisis PASS ou LAS selon ton profil (LAS si tu veux sécuriser avec une licence, PASS si tu vises uniquement la santé). Consulte notre guide PASS/LAS 2026 pour faire le bon choix.
  • Pendant l'externat, privilégie les stages en chirurgie et en urologie pour découvrir la spécialité, rencontrer des praticiens et affiner ton projet.
  • Prépare sérieusement les EDN : même si l'urologie n'est pas la spécialité la plus sélective, un bon classement te permettra de choisir ta ville et ton CHU de rattachement. Certains étudiants s'appuient sur une prépa EDN pour optimiser leurs révisions — compare les options sur notre comparateur de prépas si besoin.
  • Rencontre des urologues : participe aux journées portes ouvertes des CHU, aux congrès étudiants (AFU organise des sessions pour les internes), et n'hésite pas à demander un stage découverte.

✦ La figure qui a tout changé

🏛️

Joaquín Albarrán

1860 – 1912 · Cubain, naturalisé français

Joaquín Albarrán est considéré comme l'un des pères fondateurs de l'urologie moderne. Chirurgien d'origine cubaine, il a exercé à Paris à la fin du XIXe siècle et révolutionné la prise en charge des pathologies urinaires et rénales. Il a notamment développé les premières techniques de cystoscopie et de chirurgie du rein, posant les bases de l'urologie comme spécialité à part entière. Son nom reste attaché à l'hôpital Necker à Paris, où il a formé des générations de chirurgiens. Figure emblématique d'une médecine rigoureuse et innovante, Albarrán incarne l'esprit pionnier qui anime encore aujourd'hui l'urologie française.

En résumé : l'urologie, une spécialité complète et innovante

La chirurgie urologique est une spécialité médico-chirurgicale passionnante, qui allie gestes techniques de haut niveau, innovations technologiques (robotique, laser, imagerie) et relation humaine riche avec les patients. Avec environ 70 postes à l'internat chaque année, elle reste accessible aux étudiants motivés et bien préparés.

L'urologie offre une grande liberté d'exercice — hôpital, clinique, libéral, ou mixte — et des débouchés solides dans un contexte de vieillissement de la population et de demande croissante. Si tu es attiré par la chirurgie, la polyvalence et l'innovation, c'est une voie à explorer dès maintenant.

Pour aller plus loin, découvre toutes les spécialités médicales dans notre guide complet, teste ton profil avec notre quiz d'orientation, ou utilise notre calculateur de chances pour évaluer ta position future aux EDN. Et si tu as besoin de soutien pour réussir PASS ou LAS, compare les prépas santé sur notre comparateur.

Questions fréquentes

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