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PASS/LAS en Martinique et en Guyane : comment ça marche vraiment

PASS et LAS en Martinique et en Guyane : fonctionnement du campus antillo-guyanais, quotas de places, partenariat avec Bordeaux, poursuite d'études en métropole, vie étudiante et démographie médicale.

⏱ 9 min de lecture·24 juillet 2026

Faire médecine, pharmacie, maïeutique ou odontologie en Martinique ou en Guyane est possible — mais le fonctionnement diffère profondément de celui des facultés de métropole, et mal l'anticiper peut coûter cher en temps et en argent.


Un campus antillo-guyanais, pas trois facultés indépendantes

La faculté de médecine Hyacinthe Bastaraud, créée en 1988 en Guadeloupe, a progressivement ouvert des antennes de premier cycle : la Martinique en 2003, puis la Guyane en 2006. Aujourd'hui encore, l'enseignement du PASS et de la L.AS est diffusé sur les trois sites (Guadeloupe, Martinique, Guyane), avec des cours en présentiel, en visioconférence entre territoires, et des supports numériques partagés.

En Guyane spécifiquement, c'est le Département de Formation et de Recherche Santé (DFR Santé) de l'Université de Guyane — établissement devenu autonome en 2014, distinct de l'Université des Antilles — qui organise ces enseignements sur le campus de Saint-Denis, à Cayenne, en partenariat étroit avec les Antilles et avec l'université de Bordeaux, qui apporte un soutien pédagogique à l'ensemble du dispositif.

Le point le plus important : pas de cursus complet sur place

Ni la Martinique ni la Guyane ne proposent l'intégralité du cursus médical. Après la validation du PASS ou de la L.AS (première année), les étudiants admis en filière santé doivent obligatoirement rejoindre une université partenaire en métropole pour poursuivre leur formation — principalement Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Paris, Lyon ou Rennes selon la filière et les places disponibles cette année-là.

C'est une différence structurelle majeure avec la quasi-totalité des facultés françaises, à rapprocher du fonctionnement de la Corse, qui ne dispense pas non plus l'intégralité du cursus sur place. Concrètement, cela signifie qu'un étudiant qui réussit son PASS en Martinique ou en Guyane devra, dès la deuxième année, s'installer en métropole — un déménagement à anticiper financièrement et logistiquement bien avant même de candidater sur Parcoursup.

Exception notable : le troisième cycle (l'internat) est assuré en médecine générale uniquement sur les trois sites antillo-guyanais depuis 1998 — les futurs médecins généralistes peuvent donc revenir faire leur internat sur leur territoire d'origine, mais pas les autres spécialités.

Des quotas de places nettement plus restreints qu'en métropole

Le nombre de places ouvertes chaque année en PASS et en L.AS est fixé par arrêté ministériel, sur la base des besoins démographiques régionaux. À titre d'exemple pour une année de référence récente, la répartition typique s'est établie ainsi pour la filière médecine :

TerritoirePASSL.AS
Antilles (Guadeloupe + Martinique)~70 places~30 places
Guyane~15 places~5 places

Pour la pharmacie, les places sont encore plus rares : historiquement, seulement quelques places par an sont réservées conjointement à la Martinique et à la Guadeloupe, les lauréats poursuivant ensuite leur deuxième année à Toulouse ou à Bordeaux. Des élus locaux ont régulièrement alerté sur l'insuffisance de ces quotas face aux besoins de renouvellement des officines ultramarines, notamment avec le vieillissement démographique des pharmaciens en exercice.

Pourquoi si peu de places, malgré des besoins réels

La densité médicale en outre-mer reste structurellement inférieure à celle de la métropole : environ 203 médecins pour 100 000 habitants, contre 332 en métropole — un écart documenté de longue date par des questions parlementaires successives à l'Assemblée nationale. Pourtant, augmenter significativement les quotas locaux se heurte à une contrainte concrète : le nombre de terrains de stage hospitaliers disponibles localement, insuffisant pour encadrer davantage d'étudiants en deuxième et troisième années sur place — ce qui explique en partie pourquoi l'essentiel du cursus reste délocalisé en métropole.

Ce qu'il faut anticiper avant de candidater

  • Le déménagement en 2e année est systématique, pas une option — prévois ce budget dès le PASS
  • Le choix de l'université partenaire métropolitaine ne dépend pas toujours de tes préférences personnelles, mais des places disponibles cette année-là
  • Les quotas restreints rendent la sélectivité particulièrement forte, surtout en pharmacie
  • L'internat de médecine générale reste une option de retour au pays, contrairement aux autres spécialités

Pour aller plus loin

Si tu envisages ce parcours, notre guide comparatif PASS vs LAS et notre calculateur de chances restent des points de départ utiles, tout comme notre page dédiée aux études de santé en Guadeloupe, le troisième territoire de ce même réseau antillo-guyanais.

Conclusion

Faire ses études de santé en Martinique ou en Guyane, c'est accepter dès le départ un fonctionnement à deux temps : une première année sur son territoire d'origine, puis un déménagement obligatoire en métropole pour la suite du cursus. Un modèle qui a ses contraintes, mais qui reste la voie d'accès reconnue aux études de santé pour les lycéens de ces territoires — à condition de bien l'anticiper.

Questions fréquentes

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