Numerus apertus médecine 2026 : chiffres, facultés et impact sur l'accès
Le numerus apertus remplace le numerus clausus depuis 2020. Chiffres 2026, loi Neuder, et impact concret sur tes chances d'admission selon ta faculté.
Le numerus apertus médecine 2026 détermine, faculté par faculté, combien d'étudiants passeront en 2e année. Si tu t'intéresses aux études de santé, tu as forcément entendu parler de son ancêtre, le numerus clausus — ce fameux quota de places qui a traumatisé des générations d'étudiants en médecine. Bonne nouvelle : ce système appartient désormais au passé. Depuis la rentrée 2020, c'est le numerus apertus qui a régi l'accès aux filières MMOPK (médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie et kinésithérapie) — et depuis juin 2025, la loi Neuder l'a à son tour supprimé au profit d'une liberté quasi totale laissée aux universités (voir plus bas). On t'explique les deux étapes, ce que ça change concrètement, et où trouver les chiffres à jour pour ta faculté.
Mais concrètement, qu'est-ce que ça change pour toi ? Le numerus apertus est-il vraiment plus favorable aux étudiants ? Et surtout, comment les places sont-elles désormais réparties ? On t'explique tout dans cet article, de façon claire et sans jargon.
Du numerus clausus au numerus apertus : une révolution attendue
L'ancien système : le numerus clausus (1971-2020)
Pendant près de 50 ans, le numerus clausus (littéralement "nombre fermé" en latin) a dicté le nombre exact d'étudiants autorisés à passer en deuxième année de médecine, pharmacie, odontologie et maïeutique. Ce chiffre était fixé chaque année par un arrêté ministériel, indépendamment des capacités de formation des universités ou des besoins réels des territoires.
Le résultat ? Une compétition féroce en première année, avec parfois plus de 15 candidats pour une seule place. Les étudiants ne se battaient plus pour acquérir des compétences, mais pour éliminer leurs camarades. Ce système a engendré un stress considérable et a contribué aux déserts médicaux : le numerus clausus a été maintenu artificiellement bas pendant des décennies, alors même que les besoins de santé de la population augmentaient.
La réforme de 2019 : naissance du numerus apertus
Le 20 mars 2019, l'Assemblée nationale vote la suppression du numerus clausus dans le cadre de la loi "Ma Santé 2022". Le numerus apertus (littéralement "nombre ouvert") entre en vigueur à la rentrée 2020, en même temps que les nouvelles voies d'accès PASS et LAS.
Ce changement de paradigme s'accompagne d'une décentralisation majeure : ce ne sont plus les ministères qui fixent un quota national unique, mais les universités elles-mêmes qui déterminent leurs capacités d'accueil, en concertation avec les Agences Régionales de Santé (ARS).
Comment fonctionne le numerus apertus ?
Un système basé sur les besoins territoriaux
Contrairement au numerus clausus qui imposait un chiffre arbitraire, le numerus apertus repose sur une logique de besoins. Pour déterminer le nombre de places offertes, plusieurs critères entrent en jeu :
- Les capacités de formation de l'université (places en amphithéâtre, encadrement en stage, équipements pédagogiques)
- Les besoins de santé du territoire, identifiés par l'ARS en fonction de la démographie médicale locale
- Les objectifs nationaux de formation de professionnels de santé fixés par le gouvernement
Chaque université propose donc un nombre de places qui lui est propre, validé ensuite par les autorités de tutelle : une région touchée par la désertification médicale pourra ainsi former davantage de médecins. Pour rappel, le PASS reste non redoublable (2 tentatives maximum au total : 1 PASS + 1 LAS) — la réforme 2027 prévoit cependant de réintroduire un redoublement en première année de licence portail santé, le système unique appelé à remplacer le PASS et la LAS.
Des objectifs pluriannuels plutôt qu'un quota fixe
Le numerus apertus ne fixe pas un nombre exact et immuable. Les universités définissent des objectifs pluriannuels (sur plusieurs années), avec une certaine marge de manœuvre. Cette flexibilité permet d'ajuster le nombre de places en fonction de l'évolution des besoins et des capacités, sans attendre un nouvel arrêté ministériel chaque année.
En pratique, cela signifie que le nombre de places peut augmenter progressivement d'une année sur l'autre, ce qui était très difficile avec l'ancien système.
Quelles filières sont concernées par le numerus apertus ?
Le numerus apertus s'applique à l'ensemble des filières MMOPK :
- Médecine : environ 10 800 places au niveau national (dernier chiffre national consolidé, 2025-2026 ; voir plus bas pour l'évolution et les objectifs post-loi Neuder)
- Maïeutique (sage-femme) : environ 1 000 places
- Odontologie (chirurgie dentaire) : environ 1 300 places
- Pharmacie : environ 3 400 places
- Kinésithérapie : le nombre de places varie selon les IFMK (Instituts de Formation en Masso-Kinésithérapie)
Pour comparer les 5 filières en détail — durée, débouchés, salaires — consulte notre guide complet sur le MMOPK.
Ces chiffres sont donnés à titre indicatif et évoluent chaque année. Pour connaître le nombre exact de places dans ton université, consulte directement la faculté ou les fiches Parcoursup.
Numerus apertus : qu'est-ce que ça change concrètement ?
Plus de places, mais toujours de la sélection
Soyons clairs : le numerus apertus ne supprime pas la sélection. L'accès aux études de santé reste très compétitif. En revanche, le nombre global de places a significativement augmenté depuis 2020 pour répondre aux besoins de santé publique.
À titre d'exemple, le nombre de places en médecine a augmenté d'environ 20% entre 2019 et 2024. Cette hausse était impensable sous le régime du numerus clausus, qui maintenait les quotas à des niveaux très bas malgré les alertes sur les pénuries de médecins.
Une meilleure adéquation avec les besoins locaux
Avec le numerus clausus, toutes les régions appliquaient des quotas similaires, sans tenir compte des spécificités territoriales. Le numerus apertus permet une régulation plus fine : les territoires en tension peuvent former davantage de professionnels de santé.
Cette logique territoriale vise à lutter contre les déserts médicaux à long terme, en formant des professionnels là où ils seront le plus utiles.
Deux voies d'accès : PASS et LAS
Le numerus apertus s'inscrit dans une réforme plus large qui a également créé deux voies d'accès aux études de santé : le PASS et la LAS. Ces parcours remplacent l'ancienne PACES et offrent plus de possibilités de réorientation. Exit la PACES unique, place au PASS (Parcours d'Accès Spécifique Santé) et aux LAS (Licences avec Accès Santé), qui ont profondément transformé la première année d'études.
Ces deux voies offrent chacune deux chances de candidater aux études de santé :
- En PASS : possibilité de candidater en fin de 1ère année, puis de poursuivre en LAS 2 si non admis
- En LAS : possibilité de candidater dès la fin de la L1 validée, puis en L2 ou L3
Le numerus apertus s'applique de la même manière aux étudiants issus du PASS et des LAS. Les places sont réparties entre ces deux voies selon des proportions définies par chaque université.
Le numerus apertus est supprimé depuis juin 2025 : la loi Neuder
Mise à jour majeure. La loi n° 2025-580 du 27 juin 2025 « visant à améliorer l'accès aux soins par la territorialisation et la formation », dite loi Neuder (du nom du ministre chargé de la Santé, qui l'a portée), a été adoptée définitivement par le Parlement le 18 juin 2025 et publiée au Journal officiel le 28 juin 2025. Son article 1 met fin au numerus apertus tel qu'il existait depuis 2020 : les capacités de formation des universités deviennent un critère subsidiaire dans la fixation des places, et non plus le mécanisme central. Concrètement, chaque université peut désormais fixer ses places librement, sans quota minimal ni plafond imposé par un cadre national. Cette suppression est effective depuis la rentrée 2025, mais ses effets se déploient progressivement selon les établissements.
L'objectif affiché par le gouvernement est de faire passer le nombre de places en médecine d'environ 12 000 en 2026 à 15 000-17 000 à terme, pour lutter contre les déserts médicaux.
Ce que ça change concrètement pour toi : les capacités d'accueil 2026-2027 sont fixées par chaque fac selon ses propres critères, sans grille commune. La plupart des facultés n'ont pas encore publié leurs chiffres à ce stade. L'UVSQ (Versailles) fait partie des premières à avoir publié les siens sur son propre site : 300 places en médecine, 31 en maïeutique, 15 en odontologie et 50 en pharmacie pour 2026 (source officielle). L'UVSQ va même plus loin : dès la rentrée 2026, elle supprime le PASS au profit d'une voie d'accès unique, la « Licence Sciences pour la Santé » (parcours Sciences et Technologie pour la Santé, et parcours Rééducation-Réadaptation), anticipant d'un an la bascule nationale vers la Licence Portail Santé (fiche officielle UVSQ). Lille a également publié (source officielle), pendant que Bordeaux (source officielle) et Côte d'Azur en sont encore, à la date du 8 août 2026, à leurs derniers chiffres publiés pour 2025-2026 — un bon rappel qu'il n'y a aucune règle de calendrier commune d'une fac à l'autre. Pour ta faculté, consulte directement son site ou sa fiche Parcoursup : ce sont les seules sources fiables, avant tout comparatif ou toute estimation relayée par la presse spécialisée.
À noter : certaines facultés vont encore plus loin dans l'anticipation. Saint-Étienne (UJM) publie ainsi simultanément ses capacités d'accueil 2026/2027 et 2027/2028 (source officielle), une démarche exceptionnelle qui s'explique par la volonté d'anticiper la transition vers la future Licence Portail Santé. Lille a de son côté publié un document dédié aux capacités 2027/2028, aux côtés du document 2026/2027 — signe que plusieurs facs commencent à planifier au-delà de la dernière rentrée PASS/LAS (voir section suivante).
La rentrée 2026-2027 : dernière année du PASS/LAS
L'annonce officielle des ministres Baptiste (Enseignement supérieur) et Rist (Santé) du 17 avril 2026 a acté la fin du système PASS/LAS : dès la rentrée 2027, une voie unique appelée "Licence Portail Santé" remplacera le PASS et la LAS. La rentrée 2026-2027 est donc la dernière rentrée du système actuel.
Les projets de décret et d'arrêté encadrant cette réforme ont été soumis au Cneser le 7 juillet 2026 — avec un vote qui reflète l'incertitude du moment (4 voix pour, 14 abstentions, 44 non-votants). Au 22 août 2026, ces textes n'ont toujours pas été publiés au Journal officiel. Les maquettes pédagogiques doivent être prêtes en novembre 2026 pour alimenter Parcoursup. Sous réserve de confirmation des modalités officielles dans les textes réglementaires définitifs, cette réforme prévoit notamment de réintroduire la possibilité de redoubler en L1 santé, ce qui n'existe pas dans le système PASS/LAS actuel.
Le numerus apertus en chiffres (2026)
Selon les dernières estimations disponibles, le nombre de places ouvertes en 2e année de médecine au niveau national est passé d'environ 9 500 en 2019 (dernière année de numerus clausus) à environ 12 000 en 2026. Les projections annoncées pour les années suivantes évoquent une fourchette de 15 000 à 17 000 places à terme, mais ces chiffres restent des objectifs, pas des engagements fermes université par université.
Point important : le nombre de places varie fortement d'une faculté à l'autre, et cette variation ne dépend pas que de la taille de l'université — le ratio places/inscrits (le vrai indicateur de tes chances) peut aller du simple au double selon les facs. Les chiffres exacts pour ta faculté sont publiés chaque année par l'université elle-même (délibérations du conseil d'administration, fiches Parcoursup) — c'est la seule source à considérer comme définitive, bien plus fiable qu'un comparatif national généraliste.
Numerus apertus et prépas privées : le paradoxe
L'augmentation des capacités d'accueil est une bonne nouvelle pour les lycéens. Mais elle s'accompagne d'un paradoxe : la compétition ne baisse pas toujours proportionnellement, car le nombre d'inscrits en PASS/LAS augmente aussi (effet "démocratisation" et attractivité de Parcoursup).
Dans ce contexte, beaucoup d'étudiants se tournent vers des prépas privées pour maximiser leurs chances. Si tu envisages cette option, compare attentivement les offres : pédagogie, taux de réussite, tarifs, proximité. Notre comparateur de prépas te permet de filtrer par ville et de consulter les avis vérifiés d'anciens étudiants.
Que faire en attendant la publication officielle des chiffres de l'année ?
📢 Mise à jour dès l'annonce officielle. Les capacités d'accueil 2026-2027 ne sont pas encore publiées pour la majorité des facultés à la date du 19 août 2026 — la publication intervient généralement avant la rentrée de septembre, faculté par faculté (il n'y a pas d'arrêté national unique comme pour les postes d'internat). Lyon (facultés Lyon Est et Lyon Sud) fait partie des facultés dont l'annonce est attendue prochainement. Cet article est mis à jour dans les 48h suivant chaque publication. À noter : quelques facultés pionnières — notamment Saint-Étienne et Lille — publient déjà leurs capacités 2027/2028 en anticipation de la transition vers la Licence Portail Santé.
Tu prépares Parcoursup et les capacités de ton année ne sont pas encore publiées ? Voici comment anticiper :
- Consulte les chiffres des années précédentes : ils donnent une bonne base. Ajoute mentalement +3 à 5 % pour estimer l'année suivante.
- Assiste aux JPO : les responsables PASS/LAS évoquent souvent les tendances attendues.
- Rejoins les groupes Parcoursup de ta région : les étudiants actuels partagent les infos en avant-première.
- Sois alerté·e directement : fais notre quiz d'orientation ou télécharge un de nos guides — tu recevras une alerte dès qu'un chiffre officiel important tombe sur ta ville ou ta filière, sans avoir à surveiller toi-même chaque site de fac.
Les limites du numerus apertus
Un système encore jeune
Le numerus apertus n'a que quelques années d'existence. Son efficacité réelle pour résoudre les problèmes de déserts médicaux ne pourra être évaluée que dans 10 à 15 ans, le temps que les étudiants formés sous ce nouveau régime terminent leur cursus et s'installent.
Des disparités entre universités
La décentralisation a créé des disparités significatives entre établissements. Certaines universités ont fortement augmenté leurs capacités d'accueil, d'autres moins. Le taux de passage en deuxième année varie donc considérablement d'une faculté à l'autre, ce qui peut créer un sentiment d'inégalité.
La pression reste intense
Même avec plus de places, le ratio candidats/admis reste défavorable. En PASS comme en LAS, la première année demeure exigeante et stressante. Le numerus apertus n'a pas fait disparaître la compétition, il l'a simplement rendue un peu moins féroce.
Comment connaître le nombre de places dans ton université ?
Pour savoir combien de places sont offertes dans ta faculté, plusieurs sources sont à ta disposition :
- Parcoursup : les fiches formations indiquent les capacités d'accueil de chaque PASS et LAS
- Le site de ton université : les UFR de santé publient généralement ces informations
- Les statistiques ministérielles : le ministère de l'Enseignement supérieur publie des données nationales
Tu peux aussi utiliser notre calculateur de chances pour estimer tes probabilités d'admission en fonction de l'université visée et de ton profil.
Ce qu'il faut retenir sur le numerus apertus
Le passage du numerus clausus au numerus apertus, puis la suppression de ce dernier par la loi Neuder en 2025, représentent deux étapes d'un même changement de philosophie dans l'accès aux études de santé. On passe d'un quota national rigide à un système où chaque université fixe librement ses places selon ses besoins et ses capacités réelles. La rentrée 2026-2027 étant la dernière du système PASS/LAS, une troisième étape se profile déjà : la Licence Portail Santé, qui entrera en vigueur en 2027 sous réserve de confirmation des modalités officielles dans les textes réglementaires définitifs.
Les points essentiels à retenir :
- Le numerus apertus a été en vigueur de la rentrée 2020 à juin 2025
- Depuis la loi Neuder (juin 2025), il n'y a plus de cadre national contraignant : chaque université fixe ses places librement
- Cette suppression est effective depuis la rentrée 2025 et se déploie progressivement selon les établissements
- Ce sont les universités qui fixent le nombre de places, pas le ministère
- Le nombre global de places a augmenté significativement et devrait continuer à augmenter (objectif : 15 000-17 000 places en médecine à terme)
- La sélection reste présente, mais le système est plus adapté aux réalités locales
- PASS et LAS offrent chacun deux chances de candidater — 2026-2027 est leur dernière rentrée avant le passage à la Licence Portail Santé (sous réserve de confirmation des textes réglementaires)
Si tu prépares ton orientation vers les études de santé, concentre-toi sur ce que tu peux maîtriser : ton travail, ta méthode et le choix du parcours (PASS ou LAS) le plus adapté à ton profil. Fais notre quiz d'orientation pour déterminer quelle voie te correspond le mieux.
Questions fréquentes
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